Située en dehors des circuits touristiques habituels, la préfecture de Yamaguchi n’est visitée que par moins d’1% des touristes qui se rendent au Japon. Pourtant, la ville de Hagi n’a que peu d’égale en ce qui concerne la richesse de son patrimoine, et se présente comme la destination idéale pour les voyageurs en quête de quartiers historiques, de demeures traditionnelles, et de temples à l’ambiance mystique, le tout à l’abri des foules. Alors partons ensemble pour une journée à la découverte de cette ville méconnue qui vous séduira à coup sûr !

Un peu d’histoire de la région

Habits d’époque à l’école Shôka
Sonjuku © Thomas Lorin

Chôshû était le domaine de la famille Môri, elle-même héritière des Ôe, une des plus grandes familles du Japon. A son apogée au 16ème siècle, la province de Chôshû s’étendait sur toute la région actuelle du Chûgoku (du Kansai à l’extrémité ouest de l’île principale). Hagi, la ville-château qui servait de résidence aux seigneurs et à de nombreux samouraïs, était la capitale du domaine durant l’époque féodale.
Pendant la période des grandes guerres, le daimyô Terumoto Môri s’allia à Hideyoshi Toyotomi. Leur défaite à la bataille de Sekigahara en 1600 face à Ieyasu Tokugawa causa la chute de Chôshû, et son territoire fut réduit à la seule province actuelle de Yamaguchi, soit seulement un quart de son ancienne superficie ! Depuis cette période-là, les habitants de la région gardèrent une grande hostilité envers le gouvernement des Tokugawa et furent les premiers à participer à son renversement.
Quand celui-ci arriva, à la Restauration Meiji, Chôshû en fut l’un des principaux artisans. Son importance dans la politique perdura depuis, comme le prouve cette statistique : un gouvernement sur cinq depuis Meiji a été dirigé par un Premier Ministre né ou élu à Yamaguchi, le nouveau nom du domaine de Chôshû.

En arrivant à Hagi

La Résidence de la famille Kuchiba
© Thomas Lorin

À l’arrivée en gare de Higashi-Hagi, la gare la plus adaptée pour débuter la journée, la première chose à faire est de passer par le centre d’information pour obtenir les documentations relatives aux visites et éventuellement laisser ses bagages. La gare n’ayant pas de consignes, le centre propose une garde des bagages gratuite, voire même un service de livraison à l’hôtel pour ceux qui logent à Hagi le soir !
La seconde chose à faire est de se rendre juste à côté au magasin de location de vélos, car si Hagi n’est pas une grande ville, les longues distances entre les différents lieux peuvent vous empêcher de profiter de la ville au maximum. Le vélo est donc une excellente solution pour vous rendre d’une destination à l’autre, et pour vous promener à votre guise dans les nombreuses petites rues charmantes de la ville.

L’est de Hagi : une plongée dans l’histoire

Shôka Sonjuku

Située à seulement 1km de la gare, l’école Shôka Sonjuku est toute indiquée pour être la première visite de la journée. Cet établissement était une école privée fondée en 1824 par l’oncle de Shôin Yoshida, avant que celui-ci la dirige en 1857 et forme en une année seulement les futurs acteurs de la Restauration Meiji. Shôin Yoshida y acceptait les élèves indépendamment de leur statut social. Il fut exécuté à seulement 29 ans par le gouvernement de Tokugawa suite aux nombreux troubles qu’il avait causés. Son esprit courageux et sincère s’est retrouvé chez ses élèves, notamment ceux du groupe des « Cinq de Chôshû ».

Le magnifique cadre de l’école Shôka Sonjuku © Thomas Lorin


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