Hatoko, une jeune japonaise, est de retour à Kamakura après avoir voyagé à l’étranger. Enfant, elle fut élevée avec sévérité par l’Aînée, sa grand-mère qui lui a enseigné l’écriture et la calligraphie. S’étant fâchée avec elle, Hatoko avait quitté sa ville natale mais y revient enfin pour reprendre la papeterie léguée par l’Aînée à sa mort. Plus que la papeterie, c’est son métier d’écrivain public qui attire les clients désireux d’écrire une lettre mais ne sachant pas trouver les bons mots.
Quelle douceur, quelle délicatesse dans tous les moments partagés avec Hatoko ! La trame du roman autour de l’évolution d’Hatoko est plutôt simple, mais Ito Ogawa développe tout ce qu’il y a autour : les petits plaisirs des repas, les choix du papier et de l’encre, le thé offert aux clients, les cérémonies saisonnières, les promenades au sanctuaire,… et tant d’autres. Nous sommes ainsi plongés dans le quotidien de la jeune femme dans un Kamakura hors du temps, presque onirique bien que très réaliste et détaillé, et toutes les petites choses qui rendent chaque journée unique deviennent progressivement essentielles : un trait vraiment caractéristique de la vie japonaise.
Les différentes demandes des clients pour son talent d’écrivain public vont aider Hatoko à porter un nouveau regard sur son enfance, sa jeunesse, sa relation avec l’Aînée, et la guider dans un voyage intérieur qui l’amènera à rencontrer des personnages tous hauts en couleur. Et le véritable atout du livre est la retranscription des lettres calligraphiées en langue originale, une idée magique qui nous plonge encore plus dans le récit et dans l’émotion de l’instant.
Ce livre est unique et magnifique ! Il a d’ailleurs une suite (que j’ai lu en premier – ce qui est tout à fait faisable) toute aussi réussie, qui nous permet de prolonger le plaisir pour notre plus grand bonheur. Je vous conseille vivement de lire les deux !