San est une lycéenne vivant sur l’île d’Okinawa, dans le sud du Japon. Pendant l’été 1945, elle fait partie d’un escadron de jeunes filles mobilisées en tant qu’infirmières pour soigner les soldats blessés dans une grotte. Afin d’échapper à l’horreur de la guerre, elles rêvent, se font des cadeaux, embellissent leur quotidien,… elles se créent un cocon. Malheureusement, la guerre est déjà proche d’être perdue, et elles se retrouvent piégées entre leur travail harassant d’infirmières et les tirs des soldats américains. Ce n’est plus alors qu’une lutte pour survivre, garder l’espoir, et surmonter les épreuves horribles qui s’enchaînent.

C’est avec cette alternance entre la douceur onirique de ces moments hors du temps et la brutalité réelle des épisodes de guerre auxquels ces jeunes filles sont confrontées qu’est construit le rythme de l’anime, une dynamique qui nous entraîne autant que les jeunes filles de l’escadron Himeyuri (qui a réellement existé) dans une guerre que des enfants de cet âge ne devraient jamais connaître. San, que l’on suit principalement, adapte sa perception des choses en essayant de les rendre moins horribles pour survivre, autant physiquement que psychologiquement.

Cet anime réalisé par Ina Yukimitsu est une adaptation du manga original éponyme de Machiko Kyô. L’histoire et les personnages sont adaptés pour passer du format manga à celui d’anime d’une heure. C’est le premier anime du département de production d’animation Sasayuri, une structure de formation de talents créée par Hitomi Tateno, une très expérimentée spécialiste dans la finalisation du dessin pour l’animation ayant notamment travaillé 27 ans aux studio Ghibli avec Hayao Miyazaki. Cette équipe de jeunes prometteurs a réalisé une œuvre marquante et poignante, qu’on ne peut pas regarder à la légère ou conseiller à des enfants, mais qui permet de découvrir un pan de l’histoire du Japon tout en étant émerveillés par la qualité graphique de l’anime et touchés par la résilience de ces jeunes filles. Je l’ai pour ma part regardé sans savoir quel était le sujet, et j’en suis sorti vraiment marqué !