Les bains publics Tsuki no yu ouvrent à nouveau après une fermeture pour raisons personnelles. Kanae, la jeune femme qui a repris les bains avec l’aide de sa tante et de son mari, avait arrêté suite à la disparition de ce dernier lors d’un voyage organisé par le syndicat dont ils font partie. Pas de nouvelles, pas de corps retrouvé, pas de comportement qui aurait pu laisser présager cette disparition,… Kanae attend toujours un signe, un retour, même si elle ne se fait plus trop d’illusion.

C’est dans cette situation qu’arrive Monsieur Hori, un jeune ouvrier envoyé par le syndicat des bains pour aider Kanae et sa tante au Tsuki no yu. Pas très affable et plutôt renfermé, il n’en semble pas moins correct et travailleur, et s’installera même de suite dans une petite pièce du bâtiment des bains où loge Kanae, malgré l’inquiétude de sa tante. Ces deux jeunes qui semblent déjà bien plus abîmés par la vie que les gens de leur âge commencent alors leur cohabitation en relançant l’activité des bains.

Avec un talent certain, Tetsuya Toyoda nous raconte une tranche de vie de deux personnages marqués par leur passé et leur présent. Nous sommes tout de suite embarqués dans l’histoire grâce à une narration très fluide, et au regard humaniste qu’a l’auteur pour ces personnages touchants et attachants. Le dessin est très beau, et les silences merveilleusement bien utilisés pour exprimer les émotions de Kanae et de Hori. Certains éléments du passé se révèlent petit à petit et font sens au fil des pages, et le récit gagne ainsi sans cesse en profondeur. Même les personnages secondaires sont véritablement intéressants, comme le détective Yamazaki et le Grand-père Sabu, et les quelques notes d’humour parsemées ici et là permettent d’alléger un peu la dureté de la situation.
Ce manga est vraiment très réussi et complet, il mérite largement que vous vous y plongiez !