Lorsque je me suis rendu dans la ville de Wakayama, je savais que j’étais proche des lieux importants de l’aïkido, comme la ville de Shingû dont nous parle régulièrement notre professeur (Hikitsuchi sensei y a construit son dojo à la demande d’O sensei) et les trois sanctuaires de Kumano (Kumano sanzan). Je ne pensais pas avoir le temps de sortir de la ville-même de Wakayama, mais j’ai finalement eu l’occasion d’aller un après-midi à Tanabe, la ville natale d’O Sensei Morihei Ueshiba,.
Tanabe est une ville de bord de mer, plutôt calme malgré de nombreuses personnes qui viennent pour randonner sur les chemins de pèlerinage du Kumano Kodo. Tout est très bien indiqué, les gens sont vraiment accueillants, l’atmosphère est agréable. A cause de la très forte chaleur (39°), j’ai limité mes visites à deux lieux importants : le Kozan-ji, temple où se trouve la tombe d’O Sensei, et le Tokei-jinja, petit sanctuaire étroitement relié au Kumano Taisha, et donc à l’aïkido.
Voici une petite visite du Kozan-ji, petit temple situé sur une colline et abritant les tombes des deux personnes célèbres de Tanabe : Morihei Ueshiba, le fondateur de l’aïkido, et Kumagusu Minakata, ethnologue et naturaliste non-conformiste de génie.








Le Tokei-jinja est un petit sanctuaire avec quelques beaux bâtiments en bois et des recoins en pleine nature. Si vous pratiquez l’aïkido, c’est l’endroit idéal pour acheter quelques omamori (porte-bonheur, protection) ou même des ofuda (plaquettes votives avec l’inscription du nom d’un kami dessus). En voici quelques photos :




Et près de la grande plage de Tanabe se trouve une statue d’O sensei, dans une position que nous connaissons bien ! Inspirons-nous en !!


Pour être tout à fait honnête, la ville de Wakayama n’a pas été un coup de foudre pour moi. Et je dirais même qu’elle m’a déplu : c’est la première fois que j’ai eu cette sensation
désagréable au Japon ! Je commence à connaître plutôt bien ce pays, et je suis allé dans de nombreux endroits différents sans jamais avoir ce sentiment négatif… parfois seulement de l’indifférence ou de l’inintérêt. Mais ici, les gens traversent la rue en plein milieu ou quand le feu piéton est rouge, les transports sont chers, la ville est grise, les bouteilles et canettes sont souvent balancées dans la rivière, j’ai même vu un homme s’arrêter et uriner dans la rue… on aurait dit une ville occidentale, comme si Wakayama avait perdu son côté japonais ! Pourtant, la première vue lors de mon arrivée de nuit était fort réussie avec le château et le pont ohashirouka illuminés ! Mais dès le lendemain j’étais déçu : le château n’a présenté que peu d’intérêt à mes yeux, tout comme son jardin d’érables
momijidani teien et le pont que l’on traverse en retirant ses chaussures et qui au final fait très mal aux pieds à cause de ses petites marches! Bon, première impression ratée, je me dis que ce n’est que le début et que je suis peut-être fatigué ou juste trop bien tombé les jours d’avant à Takamatsu. Tôt le matin, je pars pour le Kuroshio market, un marché de poissons frais où l’on peut déguster sur place, acheter des spécialités locales, et assister à la fameuse découpe du thon. Nouvelle déception ! Ce marché se trouve à l’extérieur de la ville dans un parc à thème, la découpe du thon était faite très machinalement en déblatérant sans vie les explications et les prix de chaque morceau, et l’ambiance est très marchande sans aucun pêcheur ou bateau,… tout sauf un sentiment de naturel, un véritable endroit à touristes.


L’après-midi fut tout de même plus réussi, avec les deux sanctuaires que j’avais cochés sur ma liste d’endroits à visiter. Le Kishu Toshogu jinja et le Wakaura tenmangu sont deux sanctuaires proches l’un de l’autre et construits sur une colline avec un grand escalier pour parvenir aux bâtiments principaux. Si je n’ai pas ressenti grand chose au premier malgré une entrée pleine de promesses, le deuxième dégageait plus de présence, et ses escaliers de pierre sont vraiment beaux. Je vous laisse les découvrir sur ces quelques photos :







Pour clore cette journée, je suis allé au bansho teien, un jardin de pins matsu au bord de la mer. Ce jardin est magnifique lorsqu’on y arrive, avec ses formes uniques et le paysage maritime en fond. On s’y sent plutôt bien, à l’écart de la ville, mais son environnement façon cité balnéaire et l’aspect « tondu de près » gâche un petit peu l’impression première sur notre retour.




J’ai eu le temps d’aller voir d’autres endroits à Wakayama, des temples et des sanctuaires, des parcs, des commerces et restaurants, des musées, mais presque tout allait dans le sens de la première sensation désagréable. C’est d’ailleurs pour cela que j’ai rapidement dégagé une demi-journée pour aller à Tanabe car je ne me sentais pas là où j’avais envie d’être.
Les deux derniers endroits dont je parle valent assurément le coup d’œil, mais je reste très surpris par ce que dégage la ville de Wakayama en comparaison des nombreux autres endroits du Japon que je connais. A vous de vous faire votre propre idée si jamais votre chemin passe par là. En ce qui concerne ce voyage de 2018, je vous conseille plutôt Takamatsu !