Mercredi 5 Janvier 2011
Ceci est, selon toute vraisemblance, le dernier article écrit pendant mon séjour au Japon. Il va sans dire que je garderai longtemps ces souvenirs à l’esprit et devant mes yeux, bien plus que ces quelques lignes et photographies que je partage modestement avec vous, chers amis et fidèles lecteurs.
J’ai eu la chance et le plaisir d’accueillir mon meilleur ami à Kyoto pendant deux petites semaines, et j’en ai profité pour être son guide et visiter à nouveau les plus beaux endroits de la ville. Du coup, les photographies s’amoncellent dans mes dossiers informatiques, et il est grand temps que je vous en fasse profiter ! Vous connaissez déjà la plupart des monuments qui sont présents dans cet article, mais il est intéressant de les regarder avec un œil nouveau et à une saison différente, car la végétation et l’idée que l’on s’en fait changent véritablement.
Cependant, ne vous inquiétez pas, il ne s’agit pas d’une énième, banale, et ennuyeuse « rétrospective de fin d’année » ! Veuillez prendre le temps de considérer tout cela avec un regard neuf et curieux, veuillez tenter de discerner ce que vous n’aviez pas découvert au premier coup d’œil, veuillez vous mettre à ma place … car maintenant, bien que je m’émerveille toujours autant devant chaque chose et chaque instant, je suis habitué au Japon, aux gens, aux monuments, aux paysages, etc. Et malgré tout, je trouve toujours cela aussi beau et découvre constamment des nouvelles choses intéressantes.
Pour commencer, voici quelques clichés pris dans le village d’Ôhara, la pleine campagne à quelques minutes du Nord de Kyoto, juste de l’autre côté de la montagne, au creux d’une magnifique vallée sillonnée par un petit cours d’eau alimentant les champs et jardins des paysans. Cela fait vraiment plaisir de trouver ce genre de paysage à deux pas de la grande ville, de humer à nouveau l’odeur de la terre humide, d’écouter la rivière qui s’écoule au rythme de vie des agriculteurs, de ressentir à quel point il est bon de se sentir couvé par la nature plutôt que de vouloir à tout prix la dominer par simple complexe d’infériorité. Même si beaucoup de gens ici ne me comprennent pas, c’est dans ce genre d’endroit que j’aimerais vivre…
Jardin du Sanzen-in, ville d’Ôhara au nord de Kyoto
Jardin de mousses du Sanzen-in
Feuilles d’érables tombées la veille pendant la tempête
Petites statues Jizo-bosatsu dans le jardin de mousses 


Cascade du Sanzen-in
Plusieurs bonzaïs
Vieux lithophone (instrument à percussion en pierre)
Ancienne partition japonaise
Jardin du Jikko-in
Précision – Nous sommes le 4 décembre d’une année très chaude au Japon – Cerisier en fleur
Kabu, navet japonais
Magasin de Tsukemono (légumes saumurés), grande tradition japonaise
Paysage d’Ôhara, la vraie campagne à 15 kilomètres de Kyoto
Un des personnages traditionnels de la ville – la porteuse de fagots
Ôhara est une ville d’agriculteurs
Etang aux carpes du Jakko-in
Un café spécial – on a les jambes dans une source d’eau chaude naturelle
Avez-vous déjà rêvé qu’il vous arrivait quelque chose de spécial, de réellement unique, qui vous rendait incontestablement différent des autres ? Il m’arrivait parfois d’y penser de longs moments, de me perdre dans un univers onirique, féérique, invraisemblable, de recréer un film ou un opéra dans lequel je jouais le rôle principal, celui du héros ou du martyre, juste pour avoir la sensation d’être unique aux yeux des autres, ou simplement d’avoir l’impression d’exister, de faire partie du monde qui nous entoure.
Vous est-il déjà arrivé de réfléchir de longues heures à la question « Si je devais emporter une seule chose sur une île déserte, quelle serait-elle ? », ou bien à l’autre question « Si tu avais le pouvoir de réaliser un de tes vœux, que souhaiterais-tu ? » ? Il m’arrivait parfois d’y réfléchir des heures durant, d’inventorier les plus fantastiques des choses, puis de les trier par ordre d’intérêt, et enfin de … changer la question car une seule chose ou un seul vœu n’est jamais suffisant.
Il y a peu, je me suis reposé ces questions, et j’ai de nouveau essayé de me perdre dans mes pensées pour inventer un univers dans lequel je serai indispensable aux autres ; mais tout avait changé. C’était un peu comme si cela appartenait au passé, comme si toutes ces pensées n’avaient plus autant d’intérêt maintenant, comme si j’avais déjà réalisé tout ça. Sur le moment, je me suis beaucoup interrogé à ce propos : est-ce un cap au moment où l’on devient véritablement adulte ? Est-ce que cette année de découvertes m’a rendu insensible à la nouveauté et au rêve ? Est-ce que je suis déjà un « vieux con » ?
Je remercie tous ceux qui se sont instantanément écriés « Mais non ! » en réponse à ma dernière interrogation, mais n’en veux quand même pas trop à ceux qui n’ont rien pensé ou qui ont acquiescé. Et je n’en veux pas du tout à ceux qui ont sauté le paragraphe précédent pour aller plus vite, car ils vont maintenant se demander pourquoi j’écris cela, et reviendront d’eux-mêmes en arrière pour comprendre !
Bien que cela soit d’une grande banalité, il semble pourtant bon de le dire encore et encore, car beaucoup de personnes manquent de soutien ou de personnes proches pour leur glisser à l’oreille : chacun de nous est unique par le seul fait que nous avons tous une expérience propre, qui s’écrit inexorablement le long du chemin que nous arpentons, et qui n’appartient à personne d’autre que nous. On rêve souvent d’être unique alors que nous le sommes déjà par notre expérience et par nos sentiments. On souhaite obtenir des choses merveilleuses alors que nous les détenons depuis notre naissance, de la chance de vivre au regard des autres, du temps qui s’écoule au silence qui nous entoure, de la beauté d’un geste à la lumière du jour,… Je suis au Japon, mais je cite du latin : Carpe Diem. La beauté ne se trouve pas dans le prix ou dans la rareté, car il suffit de porter attention à une chose pour qu’elle devienne rare ou chère à nos yeux. Un temple bouddhiste orné de feuilles d’or ne sera jamais aussi beau à mes yeux qu’un vieux sanctuaire shintô en bois au milieu d’une forêt !
Nara – Gojû no tô : la pagode à 5 étages du Kôfukuji
Temple octogonal
Fête traditionnelle On-matsuri





Porte avant le Tôdai-ji
Tôdai-ji (le plus grand édifice en bois du monde)
Allée des lanternes menant au Sanctuaire Kasuga
Kyôto – Grande porte du château de Nijô
Haut de la porte
Lac dans le jardin


Intérieur du Nishi-Hongan-ji
En regardant toutes ces photographies, je me rends compte à quel point je suis sélectif : essentiellement des paysages vierges de toute habitation, des grands bâtiments ayant tous quelque chose de particulier, des jardins magnifiques,… Difficile de passer à côté d’une de mes particularités : l’amour de la nature, de la verdure, du bois, des pierres, plutôt que des immeubles et autres nouvelles technologies.
Pourtant, le Japon est un pays incroyable pour la nouveauté, la praticité des objets, le mélange des styles. Rien qu’en regardant les vêtements portés par les gens, il est simple de comprendre à quel point le mélange des styles n’est pas aussi mal considéré qu’en France, par exemple. Je m’en veux un peu de ne pas vous montrer tout cela, bien que j’en parle régulièrement et que j’eusse déjà illustré de nombreux sujets de ce type. Il ne faudrait pas que vous voyiez le Japon uniquement comme je vous le montre ! Peut-être que mon meilleur ami serait la personne la plus habilitée à vous parler du Japon, car il a eu l’opportunité d’habiter deux semaines dans une maison japonaise avec des Japonais comme colocataires et nouvelles connaissances, ainsi que la possibilité d’apercevoir rapidement le mélange entre nos visites de temples et les galeries marchandes bondées à l’approche de Noël et du Nouvel An.
Le Japon que vous avez vu à travers mes articles est, dans mon expérience au Japon, la partie qui me plait le plus. J’ai décrit et expliqué de nombreuses choses, et j’espère ne pas m’être trop trompé car il est difficile pour un étranger de véritablement comprendre la culture du Japon. La seule chose dont vous pouvez être sûr, c’est d’être excessivement bien reçus où que vous alliez, et de découvrir une population incroyablement différente et généreuse lorsque vous réussissez à franchir le mur placé entre les personnes qui ne se connaissent pas.
J’ai vécu et vis encore des moments magnifiques au Japon, et je souhaite que chacun d’entre vous connaisse cela. C’est uniquement pour cette raison que j’ai régulièrement partagé mon regard sur le Japon avec vous. Aucun livre, aucune photo ne sera égale à mon expérience ici, alors si vous le désirez : lancez-vous ! Mes photographies semblent peut-être parfois oniriques, mais elles ne sont rien en comparaison de ce que vous pourriez voir de vos propres yeux. Oui, j’aurais pu faire une thèse sur la lancée de mon mémoire, avoir un travail à plein temps, etc. Et oui, je vais devoir repartir à zéro pour tout cela et probablement avoir des difficultés alors que j’aurai pu les éviter,… Mais si c’était à refaire, je n’hésiterai pas une seconde. Même dans la pire des situations, je garderai au plus profond de moi cette richesse acquise lors de ce voyage.
Lac du Shinnyodo
Pagode du Shinnyodo
Mosaïque
Kinkaku-ji




Ryôan-ji

Préfecture de Mie : Sanctuaire d’Izanami et Izanagi

La baie d’Ise – un « Ryôan-ji » dans l’eau
Les strates verticales à cause des tremblements de terre et des mouvements des plaques
Baie du Sanctuaire d’Ôwaraji
La légende d’Ôwaraji
Autrefois vivait un géant portant le nom d’Hitotsume (« Le Cyclope du bord de mer ») près du village de Dai-ôzaki. Ce géant avait fait de nombreuses choses malfaisantes, comme faire déferler de fortes vagues sur la côte et kidnapper les filles du village.
Les villageois demandèrent conseil à un moine appelé Dandara. Suivant le conseil du moine, ils construisirent une sandale de corde géante et la lancèrent à la mer, dans la baie du village. Hitotsume, voyant cette sandale de corde géante flottant sur la mer, pensa qu’un géant encore plus grand et plus fort que lui devait se trouver ici. Il cessa ainsi rapidement de commettre de mauvaises actions.
Depuis, le « jour du moine » (en Septembre), les villageois construisent une sandale de corde de la taille d’un tatami (environ 1,60m2) et la jettent à l’eau pour porter chance en mer et obtenir de grandes quantités de poisson.
Les deux chefs du restaurant où je travaillais
Avec chef Imajo (今城)
Partie du restaurant
L’entrée avec le menu
Leçon de cuisine au café « Social kitchen »


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